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Economie de la mer : Éolien en mer

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Éolien : en mer ça décolle, à terre ça repart

Éolien : en mer ça décolle, à terre ça repart

Publié le 09/05/2014 - 11:44 par Rédaction
En attribuant les deux nouveaux parcs éoliens offshore au consortium GDF Suez/Areva, la France valide donc 3 GW de futures capacités en mer. À terre, après une année 2013 morose, les projets reprennent du souffle.

« Voici une force de frappe industrielle et énergétique unique en Europe. Il y a eu une saine compétition qui nous permet de nous tirer collectivement vers le haut », s’est réjoui la ministre du Développement durable, Ségolène Royal, le 7 mai, en annonçant le lauréat des deux appels d’offres pour les parcs éoliens offshore du Tréport et de Noirmoutier.

Grand vainqueur, le consortium GDF Suez/EDPR/ Neoen  avec Areva, tandis que son « adversaire », EDF/Alstom avait remporté trois des quatre précédents parcs attribués en 2012.

La France confirme donc son engouement pour l’éolien en mer, portant à 3 GW (6X 500 MW) une capacité électrique offshore qui devrait être totalement disponible à horizon 2025. Et redonne confiance aux acteurs industriels profondément engagés dans ces projets.

Le vainqueur des deux derniers parcs va ainsi débourser quelques 4 milliards d’€. Et les divers projets mobilisent déjà sous-traitants, chercheurs, universités sur les territoires. Les usines d’Alstom se construisent. Les prochaines, d’Areva, arrivent.

« Cette annonce, c’est la confirmation d’une ambition forte pour la France. Nous avons déjà travaillé avec plus de 500 entreprises locales et ce partenariat pérenne avec l’ensemble des territoires va s’intensifier », a affirmé, enthousiaste, le président de GDF Suez, Gérard Mestrallet. « La France se dote ainsi de champions nationaux qui pourront, demain, exporter leur savoir-faire dans le monde. Rien qu’en Europe, le potentiel de l’éolien offshore est de 30 000 MW d’ici 2030 », a-t-il ajouté.

Objectif offshore : créer des champions nationaux et exporter

Au-delà des milliers d’emplois attendus, c’est bien la dynamique industrielle qui porte professionnels, élus et État, pour redonner du souffle à une balance commerciale en berne. Sur ce terrain, l’innovation d’Areva avec son éolienne en mer de 8 MW contre les 6 MW pour les précédents projets, a largement concouru à la victoire du consortium GDF Suez. Même le président d’Alstom renewable Power, Jérôme Pecresse, a évoqué « l’audace » de son concurrent.

>> En vidéo : Eolien offshore, une nouvelle industrie pour la France ?

« Cela permet d’avoir 62 turbines sur un parc contre 100 en moyenne pour les autres parcs offshore, et ce que proposait le consortium EDF. Ça a été décisif, notamment vis-à-vis des pêcheurs. Grâce à ces éoliennes de 8 MW, cela permet d’avoir 1000 mètres entre chacune d’elles et donc aux bateaux de passer », souligne Frédéric Lanoë, directeur France et Belgique d’EDPR, le groupe portugais partenaire de GDF et Areva.

Bien sûr l’objectif initial de 6 GW en mer pour 2020 ne sera pas atteint à cette date, même si Ségolène Royal a réitéré cette volonté. Mais il pourrait l’être en 2025. Car la ministre a confirmé l’existence d’un troisième appel d’offres dans ses dossiers prioritaires.

>> Ségolène Royal veut accélérer la transition énergétique
« Je veux encore renforcer la filière avec l’identification de nouvelles zones », a-t-elle lancé. Des études menées par le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema) et la direction générale de l’énergie et du climat (DGEC), évalueront donc les potentiels au large des côtes françaises. « J’ai demandé que de premiers résultats soient disponibles d’ici cet été, qui serviront de base aux concertations ensuite menées localement sous l’égide des préfets », a ajouté Ségolène Royal.

« France énergie éolienne (FEE) souhaite que cette procédure s’organise rapidement et qu’elle soit de taille conséquente. Une concurrence accrue permettra en effet d’augmenter la compétitivité économique et technique de la filière, et de réduire les coûts d’investissements et le prix de l’électricité », demande d’ores et déjà la fédération de professionnels. « 5 GW, ce serait un beau signal. Cela ferait une dizaine de parcs et il y aurait donc des dizaines de consortiums en course, avec des étrangers qui viendraient investir en France. Pour l’heure, les Britanniques ont fait 1 GW, 7 et 30, la France, 2 et 1 », poursuit Frédéric Lanoë, également président de FEE.

Cet appel d’offres devrait être lancé, selon toute vraisemblance, début 2015. Et un autre, concerné l’éolien flottant pour des projets de fermes pilotes. Alors, la France pourra-t-elle peut-être réellement s’imposer comme « le chef de file des énergies marines en Europe », comme l’a souhaité la ministre du Développement durable.

À terre, entre redémarrage et attente sur le tarif d’achat

En tous cas, les énergies renouvelables semblent retrouver un peu de couleurs en France, après deux années de recul, pour l’éolien terrestre notamment. Si 631,15 MW éoliens seulement ont été installés en France en 2013, 2000 MW de contrats d’achat ont été signés dans les 12 derniers mois, ce qui présage des installations en nette hausse pour 2014.

« Plusieurs raisons à cette redynamisation de l’éolien terrestre, explique Frédéric Lanoë : les schémas régionaux deviennent opérants, la suppression des ZEE et de la loi des 5 mâts. À cause de cette dernière, l’ouest avait perdu la moitié de ses projets éoliens ».

Reste une nécessaire clarification sur le tarif d’achat de l’énergie éolienne, pour rassurer durablement les professionnels. Après de multiples rebondissements qui ont conduit Bruxelles à révoquer les tarifs de 2008 pour non-notification de la France, le Rapporteur public du Conseil d’État a conclu, le 7 mai, et sans surprises, à l’annulation à effet immédiat de l’arrêté tarifaire de 2008.

Depuis, une autre notification a été réalisée par la France et validée par les instances européennes. Mais il faut, dans l’urgence, publier un nouvel arrêté tarifaire. « Le nouvel arrêté va être préparé dans l’immédiat. J’ai d’ailleurs dit à mes services qu’on aurait dû anticiper », a répondu Ségolène Royal.

Mais la note finale à ces imbroglios sur les tarifs d’achat, qui concernent aussi les installations solaires, arrivera avec les évolutions de mécanismes de soutien aux EnR choisies par le pays dans le cadre de la loi de programmation de transition énergétique.

« Je serai heureuse de réunir prochainement les acteurs pour partager avec eux les résultats de la concertation qui a été menée, et échanger sur les orientations qui seront retenues pour que les énergies renouvelables puissent bénéficier d’un cadre juridique, fiscal et financier stable », a prévenu la ministre.

Fanny Costes
Photo d'illustation : Parc offshore de Teeside, source EDF EN Dave Evans  

Eoliennes : 600 emplois en jeu à La Rochelle

Eoliennes : 600 emplois en jeu à La Rochelle

Publié le 07/05/2014  par  Thomas Brosset


Ségolène Royal annonce aujourd’hui 7mai 2014 qui, de EDF ou GDF, a remporté le marché du parc éolien offshore de Noirmoutier. L’enjeu est de taille pour le port de la Pallice.



Eoliennes : 600 emplois en jeu à La RochelleLe Danemark est le pays leader en matière de parcs éoliens. Son objectif est de produire, d’ici à 2025, 75 % de ses besoins électriques grâce à l’énergie renouvelable.© PHOTO 

 ARCHIVES AFP

Entre Ségolène Royal et Jean-François Fountaine, les relations n'ont pas toujours été au beau fixe. C'est le moins qu'on puisse dire. Mais ils ont su effacer leurs vieilles querelles et se sont rencontrés la semaine dernière. L'ancien premier vice-président du Conseil régional de Poitou-Charentes devenu maire et président de la Communauté d'agglomération de La Rochelle a sollicité un entretien avec son ancienne présidente devenue ministre de l'Écologie. Et ils ont parlé… de la région naturellement. De leur région. Et de l'intérêt à y créer des emplois. Là-dessus, ils sont d'accord. Surtout si ces emplois sont liés au développement des énergies renouvelables. En l'occurrence, il s'agit de l'appel d'offres ouvert par l'État pour la réalisation de deux parcs éoliens offshore. L'un au large du Tréport, en Seine-Maritime, l'autre au large des îles d'Yeu et Noirmoutier, en Vendée.

Le site déjà réservé

Et c'est ce second projet qui intéresse tout particulièrement La Rochelle. Car à l'automne dernier, le port de La Pallice a signé une convention avec le consortium EDF Énergies nouvelles, qui, associé à Alstom, s'est porté candidat pour la réalisation des 83 éoliennes des deux îles vendéennes. Si c'est son dossier qui est retenu, une usine sera construite sur le domaine portuaire rochelais pour la réalisation des 83 embases gravitaires en forme de parasol qui fixeraient les machines à brasser l'air sur le socle sans avoir à forer : « Un système respectueux de l'environnement et qui a la faveur des pêcheurs de l'île d'Yeu, car il ne détruit rien et crée des gisements naturels de coquillages et crustacés qui viennent s'y fixer, attirant les poissons », plaide Jean-François Fountaine. Un site de 25 hectares est déjà réservé en bordure du port de la Pallice. C'est là que l'usine serait construite et c'est de là que partiraient les bateaux à destination des îles vendéennes. 600 emplois y seraient créés pour au minimum quatre ans.

Face à la proposition d'EDF, il y a celle de GDF Suez et le consortium formé avec Areva. Ils proposent, eux, d'installer 62 éoliennes fixées, après forage, dans le socle rocheux du site de la bouée des Bœufs. Et les emplois seraient créés au Havre. « Nous ne sommes pas favoris puisque la Commission de régulation de l'électricité aurait donné une nette préférence à GDF Suez pour le Tréport et une légère préférence également à GDF pour Noirmoutier. Mais, au final, c'est au gouvernement de décider. C'est pourquoi nous faisons valoir jusqu'au bout nos arguments en termes d'emplois et de protection de l'environnement », poursuit Jean-François Fountaine, qui a fait voter hier soir une motion lors du Conseil communautaire.

Dans cette motion transmise à Ségolène Royal et au gouvernement, il demande que si, « par malheur », GDF était retenu, le gouvernement lui impose le système d'ancrage des éoliennes qui se trouvait dans le dossier EDF. « EDF a réalisé 5 millions d'euros d'études pour choisir ce système. Les fonds marins rocheux sont trop durs pour des forages qui seraient catastrophiques pour la faune et la flore. GDF n'a réalisé aucune étude », poursuit le nouveau maire de La Rochelle, qui a souvent tiré des bords autour des îles d'Yeu et de Noirmoutier quand il était skipper. Son plan A, c'est EDF. Son plan B, c'est GDF avec les socles d'EDF. « Car que ce soit EDF ou GDF, le port de La Pallice reste le mieux placé pour les réaliser. » Jean-François Fountaine n'envisage pas de plan C.

Décision aujourd'hui

Il défend là son premier gros dossier économique, tout en sachant qu'il n'a pas toutes les clés en main. « Il semble que GDF soit un peu moins cher qu'EDF. Il est possible aussi que le gouvernement, qui avait accordé trois marchés à EDF sur cinq champs éoliens en 2012, soit tenté de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Tous ces arguments sont recevables. Mais il y a d'autres parcs éoliens à attribuer dans l'Atlantique, et si notre usine est déjà installée à La Pallice, elle est idéalement placée pour la suite. »

Dans le camp EDF- Fountaine, on trouve les Régions Pays de la Loire (1) et Poitou-Charentes, les pêcheurs, les habitants de l'île d'Yeu qui y gagneraient une centaine d'emplois directs pour la maintenance, ainsi que les associations environnementalistes.

Dans le camp de GDF-Édouard Philippe, le maire du Havre, il y a les ports normands de Dieppe, du Tréport et de Dunkerque, qui gagneraient les marchés de construction et d'acheminement des éoliennes, et la population de Noirmoutier, qui remporterait le marché de la maintenance. Et entre les deux, il y a Ségolène Royal, qui annoncera le choix du gouvernement dans l'après-midi.

Ségolène Royal, qui est toujours conseillère régionale de Poitou-Charentes.

 

(1) Les éoliennes seraient construites par Alstom Saint-Nazaire.

Quel avenir pour le projet de parc éolien off-shore sur l'Ile d'Oléron ?

#parceolien 

Le projet de parc éolien off-shore au large de l'île d'Oléron refait parler de lui. Plusieurs élus et responsables locaux viennent d'adresser un courrier au ministère de l'environnement. Ils y font valoir notamment l'intérêt économique du dispositif. 

·         D.L.

·         Publié le 24/02/2016 | 





Sur l'Ile d'oléron, la création du parc éolien maritime se fait attendre.
Des élus de droite et de gauche ainsi que des représentants du monde maritime ont donc envoyé ce courrier au ministère de l'Ecologie et du développement durable. Ils y avancent la validation du site par les services de l'Etat, sans oublier les intérêts écologiques et économiques pour la Charente-Maritime.


 

Quel avenir pour le projet de par éolien off-shore sur l'Ile d'Oléron ?

http://france3-regions.francetvinfo.fr/poitou-charentes/charente-maritime/ile-d-oleron/quel-avenir-pour-le-projet-de-parc-eolien-shore-sur-l-ile-d-oleron-935921.html

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